Chaque journée est une succession de décisions. Certaines paraissent anodines, comme décider quoi manger ce midi ou quel chemin emprunter pour éviter le trafic, tandis que d’autres peuvent transformer une carrière, une entreprise ou une vie entière. Pourtant, qu’elles soient grandes ou petites, toutes les décisions ont un impact sur la suite des choses. Voilà pourquoi il est utile de choisir comment décider, de décider comment choisir.

Décider, c’est accepter de renoncer à d’autres options. Derrière chaque choix se cache une part d’incertitude. On redoute de se tromper, de regretter ou de manquer une meilleure opportunité. Cette peur du risque pousse parfois à l’inaction, qui, elle aussi, est une décision. Lorsqu’on ne choisit pas, la Vie avec un grand V choisit à notre place. En voilà une bonne stratégie pour avoir des regrets avec un grand R.

Le rôle du temps

Un élément clé dans la prise de décision est le temps. Plus on attend, plus certaines options disparaissent. Décider vite, c’est gagner en réactivité, mais courir le risque de faire une erreur. Décider trop lentement, c’est risquer de perdre des opportunités. L’équilibre réside dans la capacité à évaluer rapidement, mais suffisamment, pour agir avec confiance. D’une façon ou d’une autre, le risque sera toujours présent. La gestion du risque en affaires est un sujet qui sera abordé dans un autre article en raison de la complexité du phénomène.

La peur de choisir, la paralysie décisionnelle ou le manque de confiance en soi pourraient à eux seuls être les thèmes de longs et profonds articles de blog. Pour ne pas se lancer dans ces sujets, inspirez-vous de cette citation de l’écrivaine québécoise Marie-Claude Bussières-Tremblay :
« La vie est trop courte pour la passer à regretter tout ce qu’on n’a pas eu le courage de tenter. »



Différents types de décisions

Si on s’intéresse à la manière dont nous prenons nos décisions, nous pouvons établir deux catégories : la décision rationnelle et la décision instinctive.

La décision rationnelle repose sur l’analyse logique et structurée. Elle implique de recueillir des données, comparer des options, peser les avantages et les inconvénients avant d’agir. Elle est basée sur les faits et les preuves objectives et vise à minimiser l’incertitude en réduisant la marge d’erreur. C’est pourquoi elle implique d’utiliser des outils d’aide à la décision souvent associés aux contextes professionnels ou financiers comme des tableaux comparatifs, des scénarios, des analyses coûts-bénéfices, des sondages, etc. Les avantages de ce type de décision sont qu’ils offrent une meilleure fiabilité lorsque les données sont solides, qu’ils réduisent l’influence des émotions et des impulsions, et qu’ils donnent une certaine impression de contrôle et de rigueur. En revanche, cela s’avère inefficace si l’information disponible est incomplète ou trompeuse et ne peut parfois pas intervenir là où la rapidité est essentielle. D’autre part, si on cherche trop de certitudes avant de décider, cela peut conduire à la paralysie par l’analyse.

La décision instinctive (ou intuitive) repose sur un ressenti immédiat, une impression difficile à expliquer par la logique. Elle est souvent liée à l’expérience accumulée, à l’inconscient et à la capacité de détecter rapidement des signaux faibles. Il s’agit d’un processus rapide qui peut être très utile dans des moments d’incertitude ou quand les données manquent. Ce type de décision est fréquemment utilisé lors de négociations ou lorsque cela concerne les domaines du leadership ou de la créativité. Bien qu’il permette d’agir même quand on n’a pas toutes les informations, il présente un risque plus élevé de se tromper si on agit sans recul et peut parfois être plus difficile à justifier auprès des autres. Les décisions prises de manière intuitive ont plus de chances d’être influencées par les émotions, les excès de confiance ou les stéréotypes.

Ces deux approches sont à utiliser selon le contexte. C’est pourquoi il faut faire la distinction entre les décisions stratégiques, tactiques et opérationnelles.

  • Les décisions stratégiques, prises par la direction, concernent le long terme, comme le choix des marchés ou la définition de la vision de l’entreprise.

  • Les décisions tactiques, gérées par les cadres intermédiaires, traduisent la stratégie en plans concrets sur le moyen terme, comme établir un plan marketing ou fixer les objectifs annuels.

  • Les décisions opérationnelles concernent le quotidien et le court terme, telles que la gestion des horaires, des stocks ou des commandes, et sont essentielles au bon fonctionnement de l’organisation.

Les meilleurs décideurs ne s’enferment pas dans une seule approche. Ils savent analyser quand les enjeux sont importants et que le temps le permet, et se fier à leur intuition quand il faut trancher rapidement ou dans des contextes incertains. Un bon exemple est celui du dirigeant d’entreprise : il utilise ses chiffres (rationnel) pour évaluer un projet, mais il s’appuie aussi sur son ressenti vis-à-vis d’un partenaire ou d’une opportunité (instinct).

Quelques techniques pour prendre de bonnes décisions

Chaque décision est une opportunité d’apprendre. Même une mauvaise décision apporte des enseignements précieux si on prend le temps de l’analyser. Dans le monde des affaires comme dans la vie, la véritable erreur est de rester immobile. Voici des outils concrets et qui ont fait leurs preuves pour vous aider à bien décider :

  • Liste des avantages et des inconvénients : Il s’agit d’identifier les pour et les contre d’une éventuelle décision ou de comparer les options. Cette méthode classique permet de clarifier rapidement ce qui pèse le plus dans la balance.

  • Matrice d’Eisenhower : Il suffit de classer les actions ou les choix selon l’urgence et l’importance. Cela aide à prioriser ce qui mérite une décision immédiate et ce qui peut attendre.

  • Méthode 10 / 10 / 10 : Pour contribuer à clarifier la vision d’une décision donnée, posez-vous la question : Comment vais-je voir cette décision dans 10 jours ? Dans 10 mois ? Dans 10 ans ? Cela évite les décisions prises uniquement sous l’émotion du moment.

  • Analyse coûts-bénéfices : Il s’agit de comparer objectivement les ressources nécessaires (argent, temps, énergie) et les retombées attendues. Cette méthode est souvent utilisée pour les projets de développement ou les investissements.

  • Scénario du pire : Vous devez simplement vous imaginer quel est le pire qui pourrait arriver si vous preniez telle ou telle décision. Cela vous permettra de réduire la peur et de voir si le risque est vraiment insurmontable ou s’il en vaut la peine.

  • Matrice de décision pondérée : Vous pouvez attribuer un poids à chaque critère (coût, temps, impact, valeurs, plaisir, etc.), puis noter chaque option, avec une note sur dix, par exemple. Vous aurez donc une vision chiffrée et plus objective quand plusieurs choix semblent équivalents.

  • Règle des petites étapes : Si la décision semble trop lourde, vous pouvez la diviser en mini-décisions progressives. Cela contribue à réduire la paralysie, à permettre d’agir sans attendre la certitude totale et à tracer un chemin parmi plusieurs décisions comprises dans une décision globale.

  • Avis externe : Il peut être judicieux de consulter une personne externe qui comprend votre situation. Il peut s’agir d’un mentor, d’un collègue, d’un proche neutre ou d’un de nos conseillers. Un regard extérieur apporte de la clarté et évite certains biais personnels. #contactez-nous


En conclusion

Au fil du temps, j’ai souvent été témoin de décisions prises uniquement en fonction des émotions ou de l’aspect financier. Je ne peux m’empêcher de vous conseiller de réfléchir aux autres aspects qui peuvent être concernés, tels que vos valeurs, votre réputation, votre apport à la société ou votre impact sur l’environnement, entre autres.

Un bon décideur ne cherche pas la perfection, mais un choix « assez bon » pour avancer, quitte à ajuster ensuite. Décider, c’est avancer. Il n’existe pas de garantie de faire le bon choix ou d’éliminer tous les risques, mais il y a toujours la certitude que ne rien décider conduit au même résultat : rester au même point. Oser choisir, c’est déjà créer du mouvement et ouvrir la porte à de nouvelles possibilités.

Voici deux citations à retenir d’Anthony Robbins, un auteur et conférencier américain reconnu dans le domaine du développement personnel et de la motivation : 

« Il est probable que vous auriez pu éviter les difficultés que vous affrontez en ce moment, si vous aviez pris de meilleures décisions en amont. »


« C’est dans les moments de décision que notre destin prend forme. »

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