Soyons honnêtes : beaucoup de dirigeants veulent « partager »… tant que ça ne coûte rien.
La vérité, c’est qu’en affaires, l’égoïsme coûte beaucoup plus cher que la générosité. Donc, ne soyez pas avares : de vos idées, de votre reconnaissance, de votre temps et, si possible, de votre argent. Les gens se souviennent moins de ce que vous avez vendu que de ce que vous avez donné.
La générosité paie toujours en affaires
On croit souvent qu’il faut protéger ses secrets de gestion, ses contacts ou ses méthodes comme une recette de grand-mère. Mais dans la réalité, ceux qui partagent le plus finissent souvent par performer. Entre autres, parce qu’ils deviennent des références et non des concurrents. Partager ses connaissances, son temps ou ses contacts renforce sa crédibilité et attire naturellement les bonnes opportunités. Ce n’est pas de la naïveté : c’est une stratégie d’influence intelligente. Chaque fois que vous ouvrez une porte, vous en créez dix autres. Chaque fois que vous offrez une idée, vous crédibilisez votre expertise. Chaque fois que vous aidez quelqu’un à grandir, vous agrandissez votre propre terrain de jeu.
Cela peut conduire à développer des partenariats stratégiques, plus d’entraide entre dirigeants, plus de clients satisfaits et parfois même des amis. Dans un monde où tout le monde cherche à « se démarquer », il y a une autre voie : se relier. Parce qu’au fond, les affaires ne se gagnent pas seul. Elles se multiplient ensemble.
Les vrais leaders ne sont pas avares
Pour que nous soyons tous sur la même longueur d’onde, voici un petit rappel : le leadership repose sur la bienveillance, la reconnaissance et la transmission. C’est la capacité d’influencer, de mobiliser et d’inspirer les autres vers un objectif commun, sans nécessairement détenir l’autorité formelle. C’est l’art de donner du sens, de créer de la confiance, et de faire émerger le meilleur des personnes ou des équipes. Le leadership, ce n’est pas diriger les gens. C’est leur donner envie de se diriger eux-mêmes dans la bonne direction. Vous comprendrez que ça prend énormément de générosité pour être un véritable leader. Certains audacieux aiment se qualifier eux-mêmes de « bon leader ». Avez-vous déjà croisé quelqu’un qui se disait généreux ou leader… mais qui, à vos yeux, ne possédait visiblement aucune de ces qualités (comme l’humilité d’ailleurs) ? Moi oui. Malaise garanti.
Ces faux leaders adorent recevoir de la reconnaissance et sont souvent incapables d’en donner ou en donnent très peu. Le concept de don, de générosité leur semble peu familier. Pourtant, ça ne coûte rien de remercier, de féliciter, de valoriser le travail ou de souligner les réussites. Une culture d’entreprise saine se bâtit sur la reconnaissance, la gratitude et la valorisation des efforts. L’avarice ne se limite pas seulement à l’aspect monétaire. Et si vous êtes de ceux qui ne sont pas capables de donner quelque chose qui est gratuit et surtout très humain, ne vous considérez pas comme un leader avant d’avoir bien compris l’importance de ne pas être avare de reconnaissance. Qu’est-ce que vous avez à perdre ?
Trop d’entreprises freinent sur les dépenses essentielles comme la formation, le développement marketing, les outils ou les talents et finissent par payer plus cher plus tard. Vouloir économiser sur tout, c’est comme refuser de mettre de l’huile dans un moteur pour « sauver » quelques dollars. À court terme, ça roule. À long terme, ça casse. Les entreprises durables ne dépensent pas plus, elles investissent mieux. Derrière chaque dépense refusée se cache souvent un réflexe de survie. L’avarice vient souvent d’une peur du manque ou du refus du risque et non pas d’une stratégie.
Pourtant, la croissance appartient à ceux qui savent miser et non à ceux qui comptent les cennes noires (c’est peut-être pour cela qu’elles ont été retirées de la circulation). Ici, il ne s’agit pas de ne pas se montrer économe, il faut comprendre que le calcul entre le résultat d’un investissement et le risque que cela fonctionne ou pas demeure primordial. À l’inverse, aucun investissement équivaut à aucun résultat. Refuser de dépenser lorsque cela est jugé trop risqué est fondamentalement bon et je vous y encourage. Par contre, refuser catégoriquement de mettre votre main dans votre poche en jouant les Séraphin bloquera certainement votre croissance. La réflexion et la recherche de l’équilibre seront encore une fois vos meilleurs alliés pour prendre vos décisions à ce niveau. Au besoin, vous pouvez consulter l’article de blog : Prendre des décisions : entre choix, risques et opportunités.
On regrette plus souvent ce qu’on n’a pas fait que ce qu’on a fait. Avec le recul, plusieurs auraient investi dans le Bitcoin ou dans des actions d’Amazon avant l’explosion de leur valeur. Facile à dire, facile à regretter et difficile à prévoir. Là n’est pas le point. Le fait est que, pour ce type de transaction, le succès n’est pas garanti. Cependant, il existe un domaine où l’investissement est plus souvent qu’autrement assez payant et que les Séraphin de ce monde n’ont toujours pas compris : l’humain. Comme il a été mentionné, les gens qui ont peur de donner quelque chose qui ne coûte rien, comme un compliment, ne comprennent pas ces quelques faits qui sont statistiquement prouvés depuis des années :
- 80 % des consommateurs affirment qu’ils restent fidèles à une marque qui leur offre un service client exceptionnel ou des gestes attentionnés. (Source : Bain & Company)
- 70 % des clients sont plus enclins à recommander une entreprise qui leur a offert un petit avantage ou une attention personnalisée. (Source : Temkin Group)
- Les employés qui se sentent justement rémunérés et valorisés ont 31 % plus de chances de rester dans l’entreprise à long terme. (Source : Gallup)
- 37 % des salariés citent le salaire comme le facteur principal de motivation, mais la reconnaissance et les avantages viennent juste après. (Source : SHRM – Society for Human Resource Management)
- Les entreprises avec une culture de reconnaissance et de générosité ont 21 % de productivité en plus et 41 % moins d’absentéisme. (Source : Gallup)
- Les meilleurs candidats choisissent des entreprises qui offrent des avantages et une rémunération juste, même si le salaire de base est légèrement inférieur à ce qui est offert ailleurs. (Source : Glassdoor)
- 56 % des travailleurs considèrent que la culture d’entreprise et le traitement des employés sont aussi importants que le salaire pour accepter un emploi. (Source : Deloitte)
En résumé, être généreux avec ses employés, ses clients ou ses partenaires attire la loyauté et la confiance. Un client à qui on fait un petit geste, un rabais ou une faveur revient. Un employé bien payé s’implique. Une collaboration bien rémunérée attire les meilleurs. Couper dans le bon endroit, c’est de la stratégie. Couper partout, c’est de la peur. Ne pas investir dans la qualité, c’est payer plus tard pour réparer l’erreur. Ne pas récompenser la performance, c’est perdre son meilleur monde. L’avarice crée une facture différée et la générosité est payante à long terme. S’il y a un paragraphe à retenir, c’est celui-ci.
Soyons francs : la vraie rareté, ce n’est pas l’expertise. C’est la générosité authentique. La générosité en affaires n’est pas une perte : c’est un multiplicateur. Offrir une idée, une connexion, un compliment, une minute d’écoute, sans facture jointe… ça, c’est devenu stratégique. Ça bâtit une réputation que l’argent ne peut pas acheter. Connaissant personnellement des gens qui ont tout et ne donnent rien ainsi que des gens qui ont peu et donnent beaucoup, je vous laisse deviner lesquels ont gagné mon respect.
Alors oui, dans un monde où tout le monde veut « scaler », je vous propose un modèle d’affaires encore plus simple : Donnez un peu plus que ce qu’on attend de vous. Pas seulement pour être gentil. Pour être intelligent. On a tous 1440 minutes par jour, ceux qui en donnent aux autres construisent de vraies affaires.
« L’avare ne possède pas son argent, c’est son argent qui le possède. » – Benjamin Franklin
« L’avarice ne construit rien, elle enferme. » – Victor Hugo

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